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Dernière mise à jour le
22 Juillet 2017

YI : L'intention

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La cosmologie chinoise considère que le cœur (Xin) est la base de la générosité et de la décision.
Son émanation est l’esprit (Shen) qui organise. L’intention (Yi) met les moyens pour tendre vers un but. Le souffle vital (Qi, énergie) se manifeste et le corps agit.
Chacun dans son domaine peut mettre l’intention à son service.
Voici le cheminement de la pratique de l’art martial du Yi Quan : un désir profond venant du cœur nous propulse : « Je veux être en bonne santé et devenir puissant tout en accédant à la sérénité ». Alors, je dispose de temps et je me rends disponible. Mon esprit, qui me permet de prendre des informations sur mon environnement, contrôle la mise en place du corps et fait émerger des images mentales. L’intention utilise ces images pour animer et remplir les mouvements. L’énergie manifestée se caractérise par une force multidirectionnelle qui envahit le corps qui alors s’exécute.

 

 

 

 

COMMENT CA MARCHE ?

Dans l'Art Martial du Yi Quan, le fait de penser à une action, par exemple enfoncer un ballon dans l'eau, apportera au corps toute la résistance et la pression que l'on rencontre dans la réalité de l'acte.

 

Et pourtant, aucune force musculaire n'est requise. D'ailleurs, si l'on observe le pratiquant pendant cette action, on constate progressivement son changement physique : sa masse musculaire devient très dense tout en paraissant décontractée et souple.
Toute pratique sportive ne modifie pas le nombre des fibres musculaires des individus. Au-delà d’un certain niveau, l'augmentation de leur volume ne peut faire évoluer les performances. Seule la qualité de transmission des cellules nerveuses améliore le temps de réaction. De plus, l'élargissement du réseau des cellules du système nerveux central et périphérique fait que les groupes musculaires réagissent ensemble et mettent en évidence l'homogénéité du corps accompagnée par une décontraction et une grande densité. Cette obéissance des muscles à ce que l'on pense favorise la réactivité et fait apparaître une explosion lors des mouvements ou des frappes.
P1030003.jpg L'application de cette force totale, au moment de la frappe, est décidée par l'habileté du système neveux qui contrôle les fibres musculaires et qui est lui-même guidé par l'esprit et l'intention (Yi).
Plus le contrôle est grand, meilleure est l'explosion de la force sur la frappe.
C'est une étape très délicate de pouvoir penser et sentir en même temps la force se manifester dans les mains.
Comment cela se fait-il ?
La pensée contrôle le système nerveux central qui, à son tour, contrôle la contraction des muscles, des vaisseaux sanguins et capillaires, énergise et multiplie l'ensemble des terminaisons nerveuses.

Un exemple concret
Je tiens un objet et je le tire vers moi. Dans ce cas, je mobilise les fibres de deux ou trois groupes musculaires qui arriveront rapidement au sommet de leurs possibilités. On sait par ailleurs que, tous les dix ans, 8 à 10% des muscles deviennent de la graisse.

Dans un deuxième cas, je pense que j'évolue dans une matière visqueuse, peut-être de la mêlasse. Je pense aussi que je tiens l'objet et je fais le mouvement en le tirant vers moi en mobilisant tout le corps, qui rencontre une résistance due à la mêlasse. Le fait de penser, de sentir chaque millimètre de mon corps énergise et développe le réseau du système nerveux central et périphérique. Cela aboutira à une force totale du corps, une élasticité, une densité et une résistance multidirectionnelle. C'est ce que cherche tout pratiquant d'art martial. Les bénéfices sont énormes. La répartition de l'effort économise la fatigue. L'entraînement fait surgir une force cachée à l'intérieur qui est différente de la force brute que possède chaque homme à sa naissance. L'élargissement du réseau du système nerveux central et périphérique peut continuer au-delà de la quarantaine où tout progrès produit par l'entraînement du premier type paraît illusoire.
L'arrivée de la force commence par les pieds, qui jouent un rôle de pompe, pour se diriger vers les mains.
La recherche de la force de frappe (punch) en Yi Quan passe par la mise en avant du Yi à travers toutes les étapes de l'entraînement.
Le pratiquant devient capable de produire une force vibratoire et multidirectionnelle en position d'immobilité apparente (Zhan Zhuang), en mouvement lent et doux (Shi Li) ou encore explosif (Fa Li).
Le corps devient alors semblable à un ressort. Les changements de direction des forces et de déplacement sont testés pendant le Tui Shou et le combat libre (San Shou ou Sanda).
Lors des étapes de postures et de Shi Li, la force intérieure arrive aux mains. On remarque alors certains phénomènes : les avant-bras et les doigts transpirent davantage que le reste du corps sans que le rythme cardiaque ne s’élève.
« Utiliser la forme pour capter l'intention, utiliser l'intention pour faire apparaître la forme. L'intention naît de la forme, la forme suit l'intention, la force vient de l'esprit, la forme obéit à l'esprit ».
Dans l'enseignement du Yi Quan nous apprenons :
1) A ne pas utiliser la force brute mais l'intention
2) Que quand l'intention (Yi) arrive, la force (Li) se manifeste
3) Que Yi et Li sont inséparables

 

LE RÔLE DE L'INSTRUCTEUR

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Il va de soi que tout cela n’est réalisable que si l'instructeur connaît et enseigne le niveau avancé des exercices, lesquels, tout en gardant pratiquement la même forme extérieure, évoluent sensiblement en densité selon l'intention (Yi) que l'on utilise.

 

 

 

 

 

LE YI ET LA MUSCULATION

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Toute activité physique qui développe à outrance un groupe musculaire le rend contracté.
C'est le cas, par exemple, des tractions ou pompes qui développent les triceps, les pectoraux, les trapèzes et les deltoïdes, etc...
La contraction empêche la vraie force intérieure de se diriger vers les mains, parce qu'elle empêche la libre et rapide interconnexion du réseau des terminaisons nerveuses et entrave la transmutation de la tonicité musculaire en décontraction.

 

 

 

 

 

 

 

YI OU QI ?

La science traditionnelle chinoise considère que le Qi est le principe universel à la base de tout ce qui est animé, inanimé, voire invisible. Il est utilisé pour exprimer divers concepts. Par exemple, on parle de « souffle vital » en médecine traditionnelle, de « l'énergie » dans les arts martiaux, mais aussi en calligraphie et en peinture. On dit dans le cas d'apparition de boutons de fièvre que le Qi est très chaud. Le souffle respiratoire se dit Qi. Les experts en Qi Gong décrivent comme manifestations du Qi des sensations comme la perception de chaleur, les fourmillements, les bâillements…
Selon le contexte, un entraînement spécifique lui est consacré.
Dans le Yi Quan, nous entraînons le Yi et pas le Qi. Il n'y a aucun travail direct sur le Qi. L'intention traverse instantanément le corps via l'action du système nerveux sur les muscles. Le Qi se déplace beaucoup plus lentement que le Yi et les exercices de Qi, tels que les différents types de respiration avec ou sans visualisation, ralentissent la manifestation de la force vers les extrémités. De la même manière, toute démonstration de type casse ou encaissement de coups sur le corps demandent un temps de mobilisation du Qi. Par conséquent, ces entraînements sont inefficaces dans le cas d’une confrontation réelle.

 
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